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Stage manœuvres de port en voilier: témoignage

Après presque cinquante ans de navigation sur à peu près tout ce qui porte un peu de toile, une évidence s’est imposée à moi : il me manquait encore quelque chose. Non pas au large, mais précisément dans ces quelques centaines de mètres qui séparent le ponton de la sortie du port… et qu’il faut refaire en sens inverse au retour. C’est ce que j’ai travaillé lors d’un stage de manœuvres de port.

Car apponter un dinghy de cinq mètres, comme on l’apprend au permis bateau, c’est une chose. Accoster avec un voilier de 40 pieds pesant douze tonnes, c’est décidément une autre histoire !

stage manoeuvre de port

Une appréhension dont je voulais me débarrasser

En mai dernier, lors d’une superbe navigation en équipage réduit dans les îles Ioniennes, j’ai confié à notre skipper, Christophe, mon envie d’en finir avec cette petite appréhension. Elle concernait les manœuvres de port.

Sa réponse avait été immédiate : « Pas de problème, je vais organiser un stage à Quiberon en septembre. »

Promesse tenue. Nous nous retrouvons donc à Port-Haliguen, le week-end du 11 septembre, à bord du Delphia 40 de l’association.

Trois journées de pratique intensive

Et là, pas question de rester longtemps dans la théorie : trois journées de pratique intensive nous attendent.

Après une introduction consacrée aux paramètres à prendre en compte avant toute manœuvre, nous passons rapidement aux travaux pratiques. Vent, courant, pas d’hélice, mono ou bi-safran, vitesse, inertie, propulseur d’étrave, configuration du ponton… Autant d’éléments qu’il faut apprendre à observer et à combiner avant d’agir.

Puis nous enchaînons les exercices : marche avant, marche arrière, manœuvres au vent ou sous le vent, accostages sur bâbord comme sur tribord. On recommence, on change de configuration, on analyse et, peu à peu, les gestes deviennent plus naturels.

stage manoeuvre voilier

Et si la marche arrière devenait notre meilleure alliée ?

On pense généralement savoir faire avancer un voilier. Pourtant, au port, nous découvrons à quel point la marche arrière peut devenir un outil précieux.

Elle permet de tenir le bateau dans le vent ou dans le courant. Elle aide aussi à mieux apprécier la distance qui nous sépare du ponton et à faciliter la prise d’un coffre. Bref, ce que l’on considérait parfois comme une manœuvre un peu délicate devient progressivement une véritable alliée.

Autre découverte : fini l’équipier héroïque qui saute sur le quai, aussière à la main. Il risque de glisser, de rater son saut ou de se faire une entorse ! Place au lasso : on capture tranquillement le taquet depuis le bord et le bateau reste sous contrôle.

Deux techniques simples en apparence, mais qui changent beaucoup de choses lorsqu’on les comprend, les répète et les maîtrise.

Un stage de manœuvres de port sans jamais se sentir jugé

C’est sans doute là que réside l’une des grandes qualités de ce stage. Christophe enseigne, explique et conseille, mais sans jamais imposer une méthode comme une vérité absolue. Son objectif est surtout que chacun comprenne ce qu’il fait. Chacun trouve ainsi progressivement la manière de manœuvrer avec laquelle il se sent en sécurité.

Car l’art du chef de bord ne consiste pas seulement à savoir manœuvrer un bateau. Il consiste aussi à donner confiance à son équipage. Et Christophe possède une vraie compétence dans ce domaine, avec une attention particulière portée aux relations humaines.

Les débriefings réguliers, toujours bienveillants, jouent ici un rôle essentiel. On revient sur les manœuvres réalisées et on identifie ce qui a bien fonctionné. On comprend ce qui pourrait être amélioré et, surtout, on repart essayer à nouveau.

Au fil des exercices, l’appréhension laisse progressivement place à la compréhension, puis à la sérénité.

Un support de cours pour consolider

Quelques jours après le stage, une dernière bonne surprise arrive dans ma boîte mail : un support de cours détaillé. Ce véritable aide-mémoire permet de revenir sur les techniques abordées et de consolider les acquis.

Un bateau particulièrement adapté à l’exercice

Indépendamment du contenu du stage, le Delphia 40 de l’association m’a également impressionné.

On sent que tout à bord répond à deux priorités : l’efficacité et la sécurité des manœuvres. Les équipements sont cohérents, fonctionnels et parfaitement adaptés. Une très belle unité pour apprendre, progresser et réaliser des stages dans des conditions de mer variées.

Quelques centaines de mètres qui méritent qu’on s’y prépare

Ce qui se passe entre le ponton et la sortie du port ne représente qu’une toute petite partie d’une navigation. Pourtant, c’est souvent là que se concentrent les tensions et une bonne partie des risques pour l’équipage comme pour le bateau.

Savoir anticiper plutôt que subir, comprendre comment le bateau va réagir, disposer de plusieurs solutions : voilà ce que ces trois jours m’auront apporté. Et ne plus compter sur l’équipier qui saute sur le quai au dernier moment !

Le stage de manœuvres de port proposé par le GCI permet précisément de travailler ces situations jusqu’à les rendre beaucoup plus naturelles.

Après presque cinquante ans de navigation, il était encore temps d’apprendre. Et surtout de découvrir qu’entre le ponton et la sortie du port, quelques bonnes techniques peuvent faire toute la différence.

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