Accueil Actualités Conseils Les nœuds marins essentiels qui servent vraiment à bord (et ceux que vous pouvez oublier)

Les nœuds marins essentiels qui servent vraiment à bord (et ceux que vous pouvez oublier)


La SNSM a un jour posé un chiffre sur une intuition que beaucoup de skippers partagent : un quart des avaries d’amarrage constatées dans les ports de plaisance viendrait d’un simple nœud de taquet raté. Un chiffre qui en dit long : la plupart des plaisanciers ne manquent pas de nœuds à connaître, ils manquent surtout de pratique sur les nœuds marins essentiels, ceux qu’on utilise vraiment, tout le temps, sans y penser.

Contrairement à la plupart des guides qui alignent 6, 7 ou même 12 nœuds à mémoriser, on a fait un autre choix ici : partir de ce qu’on observe réellement sur nos stages FFV. Et la réalité, c’est qu’à bord d’un voilier de croisière habitable, trois nœuds couvrent l’immense majorité des situations.

Les 3 nœuds marins essentiels à bord d’un voilier de croisière

Le nœud de chaise, pour à peu près tout

S’il ne fallait en retenir qu’un, ce serait celui-là. Le nœud de chaise forme une boucle fixe qui ne glisse pas, même sous forte tension, tout en restant facile à défaire une fois la charge relâchée — une combinaison rare qui explique pourquoi on le retrouve dans un nombre impressionnant de situations à bord : capeler une amarre sur une bitte, s’encorder pour une manœuvre de sécurité, fixer une remorque, créer un point d’ancrage temporaire pour du matériel. C’est le nœud que tout équipier doit savoir refaire les yeux fermés, y compris fatigué ou dans le noir.

Le nœud de taquet, pour amarrer

C’est celui qui revient à chaque accostage, et c’est justement celui que la statistique SNSM pointe comme le plus souvent mal exécuté. Le principe : un tour complet autour de la base du taquet, puis des figures en huit croisées autour des cornes, terminées par une demi-clé qui verrouille le tout. Bien fait, il tient sous forte tension et se défait pourtant en un geste. Mal fait — trop de tours, pas de verrouillage final, ou l’inverse — il peut soit glisser sous la charge, soit devenir impossible à larguer rapidement en cas d’urgence. Un nœud de taquet propre, chaque équipier devrait pouvoir le faire sans réfléchir avant de descendre à quai.

Le nœud de cabestan, pour les pare-battages

Rapide à faire et à défaire, le nœud de cabestan (ou nœud de bosse) est le réflexe pour fixer un pare-battage sur une filière ou un balcon, ou pour amarrer provisoirement une annexe. Sa limite : il peut glisser si la tension varie beaucoup en direction, ce qui en fait un excellent nœud pour un usage temporaire et surveillé, mais pas pour un amarrage de longue durée sans surveillance.

Deux nœuds complémentaires, utiles mais moins fréquents

Au-delà de ce trio, deux autres nœuds ont leur place dans la panoplie de base, sans figurer parmi les indispensables du quotidien :

  • Le nœud en huit, à l’extrémité d’une écoute, pour créer un arrêt suffisamment volumineux : sans lui, rien ne retient le cordage lorsqu’il se tend brusquement dans un réa ou un bloqueur, et l’extrémité peut totalement s’échapper de son passage
  • Le tour mort et deux demi-clés, pour fixer une aussière sur un anneau ou remorquer une annexe sur un point fixe

Ce sont des nœuds simples, vite appris, mais qui reviennent moins souvent qu’un nœud de taquet ou une chaise dans une journée type de croisière.

Les nœuds qu’on peut, sans regret, laisser de côté

Certains guides poussent la liste jusqu’à des nœuds comme le carrick, la croix du sud ou la pomme de touline. Ce sont de belles pièces de tradition marine — utiles sur un gréement ancien, agréables à montrer en démonstration — mais qui n’ont pratiquement aucune utilité pratique sur un voilier de croisière moderne. Les apprendre n’est pas inutile si le sujet vous passionne, mais ce n’est clairement pas une priorité face aux nœuds marins essentiels du quotidien.

Apprendre en conditions réelles plutôt que sur une vidéo

Un nœud de chaise regardé vingt fois en vidéo n’est pas un nœud de chaise su. La vraie différence se joue dans la répétition, en situation : refaire le nœud de taquet à chaque escale, fixer les pare-battages avant chaque sortie, jusqu’à ce que le geste devienne automatique — y compris sous pression, la nuit, ou par mauvais temps.

C’est exactement ce que travaillent nos stages de voile habitable FFV : ces nœuds ne s’apprennent pas une fois pour toutes en classe, mais s’ancrent progressivement, manœuvre après manœuvre, aux côtés d’un skipper qui corrige le geste avant qu’il ne devienne une mauvaise habitude.


Envie de mettre ces nœuds en pratique dès votre prochaine sortie ? Découvrez nos stages FFV du GCI à Port-Haliguen.

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